Le management est souvent perçu à sens unique : celui du manager vers ses équipes. Pourtant, dans le monde de l'entreprise d'aujourd'hui, il devient indispensable d'encourager un mouvement inverse : le management ascendant. Qu'entend-on par là ? Il s'agit de la capacité d'un manager à influencer, guider et "manager" son propre supérieur hiérarchique, dans l'intérêt commun de l'équipe et de l'organisation. Un petit clin d'œil à mes stagiaires, nouveaux managers, qui reconnaîtrons ici mes pistes d'encouragements sur ce type de dynamique.
Publié le 2 janvier 2025 | Mis à jour le 4 décembre 2025
Le management ascendant, ou "upward management", est le processus par lequel un manager intermédiaire, interagit avec son propre manager de manière proactive et constructive. Contrairement à ce que la hiérarchie classique pourrait laisser penser, l'autorité ne circule pas uniquement de haut en bas. Le collaborateur, quel que soit son niveau, détient un savoir, une expertise et une capacité d'influence qui peuvent servir l'organisation tout entière, y compris dans les échanges avec son supérieur.
Des exemples concrets : Fournir à son dirigeant des retours précis sur l'ambiance de l'équipe, sur l'efficacité des décisions prises. Proposer des initiatives pour améliorer les processus, même lorsqu'elles remettent en question la vision initiale du supérieur. Alerter sur les risques et écarts potentiels, afin d'éviter à la hiérarchie de prendre des décisions mal informées.
La peur de la réaction du supérieur
Beaucoup de managers redoutent que leur hiérarchie n'apprécie pas d'être "remise en question". On craint la "punition" ou la dévalorisation. Cette peur est parfois enracinée dans la culture d'entreprise ou dans des expériences passées où la transparence a été mal reçue.
La méconnaissance du concept
Le management ascendant est souvent peu ou mal compris. Les managers peuvent ignorer qu'influencer leur supérieur fait partie de leurs prérogatives et de leurs leviers d'action, et ce, sans que cela s'apparente à un défi d'autorité.
Les croyances limitantes
Certains estiment que manager vers le haut revient à faire de la politique ou que c'est contraire à l'esprit d'équipe. D'autres pensent qu'ils ne sont pas légitimes pour donner un retour à leur propre supérieur, ou qu'ils risquent de s'attirer des ennuis.
Lors de mes formations managériales, j'essaye toujours de faire émerger cette prise de conscience, ce nouveau levier de leadership. Il existe des méthodes et bonnes pratiques pour encourager un manager à manager son propre manager, cependant cela nécessite un niveau de maturité élevé du stagiaire car le management ascendant suppose une part de prise de risque : oser donner son avis et proposer de nouvelles pistes peut parfois mener à des échecs. Il convient de dédramatiser et d'assumer cette possibilité d'erreur, à la fois pour le manager et pour sa hiérarchie. C'est en expérimentant que l'on progresse.
Permettre et encourager ce management à double sens, c'est donner aux managers les moyens de devenir non seulement des leaders pour leurs équipes, mais aussi des acteurs moteurs vis-à-vis de leur propre hiérarchie. L'organisation gagne alors en agilité, en cohérence et en pertinence, à tous les niveaux.
© Quasar Lille
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