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Concilier égoïsme et altruisme

Dirigeant, Manager, Équipe, Salarié.
Publié par · 29 Avril 2020
Tags: PhilosophieSociétéPsychologie
A l'heure des clivages générés par le déconfinement, faudrait-il ne plus penser à soi pour mieux vivre en société ?

La société -en général- tout comme la société -entreprise- sont des entités ambivalentes : elle sont hétérogènes car composées de groupes ou d'individus divers, mais elle doivent aussi être homogènes pour fonctionner.

Si chacun ne pense qu'à soi, la société ne peut qu'être conflictuelle. Socialement, politiquement et moralement. C'est ce que l'on constate actuellement de façon exacerbée, à l'heure du déconfinement. Chacun se plaçant au centre du débat et ne voyant que si les nouvelles règles lui sont favorables ou pas, semblant ne pas se soucier, ou alors au second plan, de l'intérêt commun de ces mêmes règles.

Ainsi, pour qu'une société ne se réduise pas à une guerre du chacun contre tous, il faut garder en perspective ses fondements : l'altruisme et la poursuite du bien commun. Mais si nous ne servons pas nos intérêts particuliers, qui s'en chargera ? L'instinct de conservation ne conduit-il pas les individus à se préoccuper d'abord d'eux-mêmes ? La société est aussi la sphère de la concurrence et de de la réalisation des intérêts privés. Penser à soi signifie-t-il ne penser qu'à soi ? Comment servir conjointement nos intérêts et ceux des autres ? Voici quelques éléments de réflexion :

Première piste : pour survivre, il faut d'abord penser à soi.
La société constitue une sphère d'échanges devant permettre à tous une coopération facilitant la satisfaction des besoins. Si l'échange est consenti et réciproque, il consiste aussi en un rapport de forces où chacun cherche à tirer profit de ce que l'autre peut lui fournir. Si la coopération est au fondement des stratégies de survie, elle repose donc sur la poursuite de ses intérêts privés.

Pour Adam Smith dans Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations, le genre humain périrait si nous devions attendre des autres qu'ils agissent par pur altruisme. Le boulanger nous fournit le pain dont nous avons besoin d'abord parce qu'il y trouve son compte. En d'autres termes, c'est parce que chacun pense d'abord à son propre intérêt que la société peut se stabiliser.

Pour survivre en société il faudrait donc d'abord penser à soi. On parle bien ici de survivre. Et c'est précisemment cette frontière entre les notions de vie et de survie qui est en cause, faute d'un sens commun, qui est selon moi à l'oeuvre derrière les clivages actuels, mais j'y reviendrai dans un autre billet. Alors puisque la question du jour est de mieux vivre en société, restons sur le vivre : n'implique-t-il pas le devoir moral d'être plus altruiste qu'égoïste ?

Seconde piste : aucune société n'est viable si les individus ne pensent qu'à eux.
Vivre en société signifie, au-delà de la dimension économique, vivre avec les autres. Un certain nombre de devoirs moraux sont indispensables sous peine de voir la société se réduire à un état de guerre permanent. Les individus doivent renoncer à ne penser qu'à eux pour faire preuve d'empathie, voire d'altruisme. Il ne s'agit pas seulement d'un devoir moral mais aussi d'une capacité naturelle à l'empathie qui permet à l'Homme de se mettre spontanément à la place de l'autre.

Ainsi pour Emmanuel Levinas dans Humanisme de l'autre homme, lorsque nous sommes confrontés au visage d'autrui, nu et vulnérable, la conscience perd sa première place. La présence de l'autre constitue une injonction éthique immédiate à ne plus penser à soi. Ainsi, pour vivre avec autrui, nous ne pouvons faire autrement que de sortir de nous-mêmes pour tenir compte de l'autre. Est-ce à dire que nous devons tout sacrifier pour ne plus penser qu'aux autres ou au bien commun ?

Troisième piste : nous pouvons concilier altruisme et égoïsme.
Il y a quelques chose de paradoxal dans la société : elle exige que nous prenions le tout en considération, mais nous ne pouvons pas pour autant imaginer nous y dissoudre totalememnt. Ce paradoxe peut être surmonté.

Dans Du Contrat Social, Jean-Jacques Rousseau, précurseur incontesté du concept de Liberté Égalité, montre que naturellement, les êtres humains ne se rapportent qu'à eux-mêmes, alors que dans la société civile, ils deviennent membres d'un corps dont leurs besoins sont indissociables. Toutefois, Rousseau précise que le contrat social ne saurait tenir s'il fallait exiger des hommes qu'ils sacrifient leurs intérêts. Penser d'abord au bien commun, ce n'est pas renoncer à mon intérêt privé mais prendre conscience que celui-ci ne peut être satisfait que dans le cadre stable et pacifié du contrat social.

Le philosophe australien Peter Singer finit de démontrer, dans L'Altruisme efficace, que lorsque nous agissons de manière altruiste, nous en tirons une satisfaction bien plus grande que lorsque nous agissons dans un intérêt purement privé.

En conclusion, mieux vivre en société, c'est donc penser aux autres et au bien commun d'abord, ce qui a pour conséquence de satisfaire ses propres intérêts et devoirs. En d'autres termes, la poursuite de l'intérêt général ne requiert aucun sacrifice : au contraire, notre intérêt privé, bien compris, est de satisfaire en premier lieu l'intérêt commun.

DL - QUASAR Coaching


Pour aller plus loin
L'Altruisme efficace
Peter Singer, 2015
Humanisme de l'autre homme
Emmanuel Levinas, 1972
Du contrat social
Jean-Jacques Rousseau, 1762
Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations
Adam Smith, 1776




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